LunnY : “Rêver, c'est ne pas mettre de limites à ses ambitions”

© Maud Drouet - @maumaudrt

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Entre une Los Angeles fantasmée, Melbourne comme terrain de jeu et des rêves en évolution, LunnY débarque avec Rodéo Drive, un morceau qui questionne autant la réussite que l'image qu'on s'en fait.


Tu viens de sortir ton nouveau son Rodéo Drive. Qu’est-ce que tu ressens aujourd’hui ? Et qu’est-ce que tu voulais raconter avec cette chanson ?

Je suis très content et très fier, parce qu’il y a eu beaucoup de mois de travail sur ce morceau. Donc oui, je suis content qu’il soit enfin disponible.

Et ça fait du bien aussi de pouvoir mettre des mots sur des sujets comme le patriarcat, les problèmes financiers d’une grande partie de la population…

L’idée est venue après être allé à Los Angeles en juillet 2025 avec une pote à moi. On a pu se rendre compte qu’il y avait de grosses différences au niveau de la population, de la répartition des richesses, du style de vie et du cadre de vie de la plupart des personnes.

Du coup, j’ai eu l’idée de créer cette chanson avec un ton un peu humoristique, en mode : « Ah nous, on sera des riches conscients à l’avenir, et si on devient riches, on ira vivre à Rodéo Drive. »

Parce que c’est un peu cette idéalisation de la richesse, de la réussite, de la pop star américaine qui arrive à Los Angeles et qui réussit.

“Rodéo Drive représente la réussite... mais une réussite basée sur le paraître”

Justement, pourquoi avoir choisi « Rodéo Drive » comme image ? Qu’est-ce que ce lieu représente pour toi ?

Je pense que c’est l’écart de richesse, mais c’est aussi la représentation de la réussite. C’est un petit peu un objectif à atteindre, même si d’une certaine façon, c’est beaucoup basé sur le paraître. C’est un peu la “réussite médiatique”, la réussite du faciès. C’est associé à la réussite professionnelle parce que c’est un quartier riche.

Je pense que c’est un peu monter dans les hautes sphères, d’aller vivre là-bas. Mais c'est aussi l'image d'un lieu où tu n'as plus vraiment besoin de réfléchir : la vie suit son cours, tu as juste du kiff parce que tu es tellement riche que tu n'as plus besoin de penser à tout ce que tu dois faire.

Est-ce que ça rejoint aussi l’idée d’un rêve américain qui se casse un peu la figure ?

Oui, un peu. Ça, c'est un truc dont j'ai plus parlé dans une autre musique, Alligator Cocotier, mais c’est cette image du rêve américain complètement faussée. Et aussi l’image qu’on a des États-Unis depuis l’Europe, qui est souvent très fantasmée.

Si demain tu te réveilles à Rodéo Drive avec un budget illimité, tu fais quoi ?

Avec un budget illimité ? Je pense que je vais manger dans le meilleur resto possible, parce que la bouffe c’est trop important (rires). Après, j’aimerais trop visiter les quartiers où vivent les grosses stars, Justin Bieber et tout, en haut de Beverly Hills. Je trouve ça trop stylé.

Et peut-être que j’irais me faire couper les cheveux par un super coiffeur de stars (rires).

“Partir loin, c'est un peu un reset. Tu arrives dans un endroit où personne ne te connaît, donc tu peux recommencer de zéro.”

Tes deux derniers morceaux, Rodéo Drive et Crier aux étoiles, parlent beaucoup de rêves, mais pas forcément du même rêve. Pour toi, c’est quoi rêver ?

Pour moi, rêver, c’est le fait de ne pas mettre de limites à ses ambitions. C’est avoir une idée et être capable de la pousser à fond.

Je trouve aussi que rêver, c’est un moteur dans la vie, pour beaucoup de personnes. Je sais que pendant longtemps, le fait de rêver, c'est quelque chose qui m'a permi s de me sortir de mon quotidien, de “fuir” un peu la monotonie du rythme de vie d’un adulte. Je pense que c’est aussi pour ça que j’en parle beaucoup dans mes musiques. C'est un échappatoire que j'associe vachement à la musique. Parce que la musique, c’est aussi un rêve. Et au-delà d’un rêve, c’est un objectif, un idéal de vie.

Je pense qu’il n’y a pas vraiment de définition au fait de rêver. Chacun.e se fait sa propre définition selon ses objectifs et ses besoins à un instant T. Mais si je devais associer un mot au fait de rêver, ce serait peut-être, genre, une ligne directrice.

“J’adore les années 80 et 90. Pour moi, c’est la meilleure période musicale qui ait jamais existé”

© Maud Drouet - @maumaudrt

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On ressent une grosse influence 80’s dans tes sonorités. Qu’est-ce qui t’attire dans cette période ?

J’adore les années 80 et 90. Pour moi, c’est la meilleure période musicale qui ait jamais existé.

Ça a une sonorité hyper dreamy, hyper motivante, avec des instruments hyper aériens. Avec des instruments hyper aériens et en même temps hyper aigus. Qui te met tout de suite dans un bon mood. Je sais pas, moi j'adore cette vibe-là.

C'est exactement l'image que j'avais des Etats-Unis et Los Angeles en arrivant là-bas. Du coup, je me suis dit que c'était la bonne façon de retranscrire ces émotions.

J’adore notamment New Order, qui est sûrement mon groupe préféré des années 80-90, avec Blue Monday ou Bizarre Love Triangle. J’aime aussi beaucoup a-ha, Cocteau Twins, The Cars, ou encore Eyes Without a Face de Billy Idol. FR David aussi, et peut-être Wolf Alice aussi, qu’est plus contemporain.

Tu chantes en français depuis Melbourne. Qu’est-ce que ça représente pour toi ?

Après, j'ai pas encore fait de scène. Donc, je chante en français, mais dans ma chambre, techniquement, ou sur Insta. Mais je suis venu à Melbourne parce que la monotonie parisienne était en train de me tuer. J’avais besoin de changer d’air.

Le voyage, c'est toujours quelque chose qui m'a jinspiré, parce que je trouve que c'est la meilleure façon d'en apprendre plus sur soi-même. Surtout quand tu es loin de chez toi, face aux difficultés et aux aléas de la vie.

Partir loin, c’est un peu un reset. Tu arrives dans un endroit où personne ne te connaît, donc tu peux reconstruire ton image, recommencer de zéro. C’est comme ouvrir un livre rempli de pages vierges, comme commencer un nouveau chapitre. Et je trouve ça trop bien. Et à chaque fois que tu arrives dans un nouveau pays, tu recommences. Je trouve ça trop important d’avoir ces moments de reset dans ta vie, où tu te demandes : “Où est-ce que j’en suis ? Et qui est-ce que j’ai envie de devenir ?”

C’est un peu flippant, mais c’est une peur qui stimule.

“J’ai trop envie de faire des scènes à Melbourne”

C'est quoi la suite pour LunnY ? T'as des envies, des projets ?

J’ai un petit projet qui devrait arriver début septembre. Je n’en dis pas plus, mais le projet global est terminé. Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre que la suite arrive.

J’ai aussi trop envie de faire des scènes à Melbourne. Je me chie dessus, honnêtement (rires), parce que chanter en français devant un public australien, ça me fait peur. Parce que j'ai peur que ce soit un maxi-flop.

Mais je pense que c’est toujours le premier pas qui est le plus angoissant. Si je fais une première scène et que ça se passe bien, je serai sûrement lancé.

Maintenant, il faut que je trouve des tremplins, des scènes ouvertes, et que je rencontre d’autres artistes à Melbourne.

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Deux chansons qui se répondent